La poésie d’un train

Y’a des commissions qui te donnent des photos. Mathieu G. Caissie, lui, m’a donné un poème.

C’est tout ce qu’il m’a envoyé. Pas de palette, pas de style, pas de contraintes. Juste ces quelques lignes de Jacques Prévert, écrites, pour le café de Rogersville – un endroit qui était autrefois la gare principale de la région.

Le poème, il parle du temps. Et moi, j’ai resté assise avec ça pendant des mois.

Le temps nous égard,
le temps nous étreint
Le temps nous est gare
Le temps nous est train.

Mathieu est un de mes collectionneurs privés. Il a une confiance en moi que je prends pas à la légère. C’est le genre de support qui fait peur autant qu’il fait du bien – parce que t’as pas d’excuse pour pas aller au fond des choses.

J’avais des idées. Des tons sépia, de la lumière qui perce peut-être. Un mélange du passé et du temps moderne. Quelque chose de mystérieux, qui montre différentes étapes de la vie.

Une horloge ⏰ – mais pas tout à fait. Parce que le temps, est-ce qu’il existe vraiment ?

J’avais la direction. Kind-of. Mais j’avais pas encore la confiance de la suivre.

J’ai envoyé mes idées à Mathieu pour m’assurer que j’étais pas en train de partir dans une direction qu’il rejetterait complètement.
Il a attendu avec patience. Trop patiemment, peut-être – parce qu’après des mois, il m’a envoyé quelques textes pour savoir où j’en étais.
Ça m’a donné une bonne kick dans le derrière.

Le barrage a lâché. Et “La poésie d’un train” est née.

La poésie d’un train

Hier soir, on a célèbré avec un vernissage privé. La pièce va prendre sa place sur le mur de ForêStation Café à Rogersville – exactement là où elle devait être.

Ce genre de projet me parle profondément. Si vous avez une idée, une histoire, quelque chose que vous voulez voir prendre vie sur une toile – je suis ouverte aux commissions. Écrivez-moi.

Leave a comment